La reproduction assistée de la Truite Fario

1. La capture de géniteurs sauvages

Cette capture se fait par la méthode scientifique de la pêche électrique.

La récupération des géniteurs ne peut se faire que peu de temps avant la période de reproduction des truites (à partir de mi-novembre, mais cela dépend de différents facteurs : climatiques, géographiques, liés aux individus…) afin de ne conserver les poissons qu’un temps, le plus court possible, dans les bassins de la salmoniculture de MOULEYDIER.

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2. La vérification hebdomadaire du degré de maturité des femelles

Une fois à MOULEYDIER, les poissons sont séparés selon leur sexe.

Lorsque les conditions climatiques deviennent favorables, en général à partir de mi-novembre, les femelles sont, une fois par semaine examinées afin de vérifier leur degré de maturation.

Cette manipulation se fait après anesthésie des poissons en rajoutant dans l’eau un liquide permettant cette anesthésie.

Les femelles sont ainsi moins fragiles, peuvent être manipulées plus longtemps hors de l’eau et sans risque de les échapper.

On va palper l’abdomen des femelles :

  • S’il est ferme, c’est que les ovules à l’intérieur de la cavité abdominale ne se sont pas détachés les uns des autres, ils sont encore en grappe et donc pas prêt à être libérés : la femelle n’est pas prête à pondre; elle sera de nouveau examinée la semaine suivante.
  • S’il est mou, là au contraire, les ovules sont détachés les uns des autres, libre dans la cavité abdominale et donc prêts à être libérés : la femelle est prête à pondre…

3. La récupération des ovules

Les femelles prêtes à pondre sont transférées dans le « local de ponte », une salle aménagée afin de travailler dans des conditions optimales.

Elles y sont manipulées sous anesthésie.

On va d’abord supprimer le maximum d’eau autour du poisson puis on va récupérer les ovules par pression sur l’abdomen de la truite : c’est l’opération de « strippage ».

Les ovules sont récupérés dans des récipients.

4. La récupération de la laitance des mâles

Une fois une grande quantité d’ovules ainsi récupérée, c’est au tour des mâles d’être endormis afin de récupérer leur laitance.

Il n’y a pas besoin de vérifier la maturité des mâles qui sont généralement spermiant tout le long de la période de reproduction.

Une pression sur l’abdomen des mâles permettra de récupérer les spermatozoïdes dans une bassine.

Etant très petits, les spermatozoïdes sont extrêmement nombreux et une faible quantité de laitance obtenue suffit à la fécondation d’un grand nombre d’ovules.

5. La fécondation

A ce stade là, les ovules sont séparés des spermatozoïdes.

Mais, même mis en contact en versant les ovules dans la bassine avec les spermatozoïdes, il va manquer un élément indispensable pour que la fécondation s’effectue : l’eau.

En effet, c’est seulement lorsque cet élément sera rajouté que le processus de fécondation pourra débuter, opération ne nécessitant que quelques minutes.

6. Le développement embryonnaire

Après un temps de repos, les oeufs sont transférés dans l’écloserie, un endroit sombre et frais, disposés dans des auges où s’écoule une eau contrôlée en qualité et en quantité pour offrir les meilleures conditions au développement embryonnaire : température, filtration physique, chimique et par U.V.

Ainsi, au bout de près de 50 jours, naîtront les premiers poissons issus de cette reproduction assistée.

Mais à leur sortie de l’oeuf, les jeunes poissons ne sont pas terminés : ils présentent une énorme poche ventrale contenant une grande quantité de nutriment : le sac vitellin.

Petit à petit, le poisson va consommer cette énergie pour finir de se construire.

Une fois totalement utilisé, le jeune poisson est tout à fait capable de nager correctement et surtout va commencer à s’alimenter. C’est à ce moment que leur avenir va prendre deux voies distinctes.

7. Le déversement des alevins à résorption

Soit ces jeunes poissons sont attrapés et transférés dans des sacs de transport avec de l’oxygène et partent de la salmoniculture de MOULEYDIER pour aller être déversés dans des ruisseaux de petites tailles où ils seront dispersés sur une distance assez importante. En effet, dans les premiers temps de leur vie, ces poissons ne se déplaceront que très peu d’où l’importance d’une large répartition.

A ce moment, ils doivent se débrouiller tout seul et il ne subsistera que les plus forts d’entre eux (environ 20%) et prendront alors un caractère tout à fait sauvage.

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8. Le déversement des alevins pré-estivaux (ou nourris)

Les alevins, à leur fin de résorption, peuvent aussi, pour une partie d’entre eux, être conservés à MOULEYDIER, dans des bassins où ils seront nourris à l’aide de poudre pendant 5 à 6 semaines.

Ils atteignent ainsi la taille de 5 à 6 cm et sont ensuite transférés vers des cours d’eau plus important comme le Bandiat, la Dronne, la Côle, l’Isle, la Loue ou l’Auvézère, sur des secteurs favorables à leur existence.

Ils y seront répartis « à la volée » sur les radiers et devront s’adapter à une alimentation naturelle extrêmement abondante à cette période (fin du printemps).

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