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La pêche à la canne à déboiter

  Cette technique de pêche fait partie des techniques dites de pêche au coup. En effet, le pêcheur va amener les poissons à un endroit donné, appelé coup, par l’amorçage.

Ce sont donc des techniques qui peuvent apparaître comme statiques mais qui n’en restent pas moins techniques et stratégiques.  

L’objectif de la pêche à la canne à emmanchement, dite « à déboîter », est de pêcher loin du bord avec peu de bannière, en pêchant sous la canne.  

A.   LE MATERIEL

1)  La canne  

C’est une technique de pêche où les cannes sont particulièrement imposantes. En effet, on trouve, dans le commerce, des cannes de taille supérieur à 14m, jusqu’à 18m50 !!

Elles sont constituées d’éléments que l’on emboîte les uns dans les autres. On peut donc régler leur longueur et celle de la ligne en fonction des conditions de pêche.

Ces cannes peuvent être constituées de différents matériaux :

-         la fibre de verre, qui est le matériau le plus lourd mais le plus solide. Ces cannes sont en général très souples. Ce sont des cannes de petite taille.

-         la fibre phénolique : elle constitue des cannes un peu plus légères mais aussi plus fragiles car un peu plus rigides. C’est très souvent le matériel utilisé pour les cannes « moyen de gamme ».

-         le carbone : il est le matériau le plus léger mais c’est surtout le plus fragile. Comme il est très raide, c’est le matériau utilisé dans la fabrication des cannes longues. Autre inconvénient, il est assez coûteux.

La particularité de cette technique de pêche réside dans la gestuelle, nous le verrons ultérieurement, mais aussi dans la constitution même de la canne.

En effet, son dernier élément, le scion, est creux et la ligne sera rattachée à ce dernier par l’intermédiaire d’un élastique.

Cet élastique sert à amortir les départs et les coups de tête des poissons.

Sa puissance, sa résistance et son élasticité pourront être adaptées aux poissons recherchés, mais aussi au site et aux conditions de pêche (force du courant). On peut donc s’équiper de plusieurs scions munis de différents élastiques de tailles différentes pour faire face à toutes les conditions de pêche.  

Il existe plusieurs méthodes d’installation pour l’élastique :

       

2)   La ligne  

La ligne est composée de deux éléments, le corps de ligne et le bas de ligne.  

Le corps de ligne, pour la pêche au coup, est un nylon qui portera le flotteur et la majorité de la plombée. Son diamètre sera adapté au poids de la ligne (flotteur, plombs, hameçons, esche). S’il est trop fin, il ne supportera les contraintes que ces éléments constitueront, et trop épais, il nuira aux mouvements et donc à la présentation de l’esche.  

Le bas de ligne est la partie basse de la ligne. C’est un nylon de diamètre légèrement inférieur à celui du corps de ligne. C’est la partie la plus fragile de la ligne et c’est donc la partie qui cèdera en cas d’accrochage ou en cas de casse sur un poisson. Il faut que le nylon soit le plus souple possible pour présenter l’esche de manière la plus naturelle possible.

Pour harmoniser corps de ligne, bas de ligne et flotteur, on peut se référer au tableau suivant :  

Portance du flotteur

Diamètre du corps de ligne

Diamètre du bas de ligne

 

0,05 à 0,20g

 

6/10

7/100

8/100

Ligne directe

5 à 7/100

6 à 8/100

 

0,30 à 1g

 

8/100

10/100

12/100

6 à 8/100

7 à 10/100

8 à 12/100

 

1,25 à 3g

 

10/100

12/100

14/100

7 à 10/100

8 à 12/100

8 à 14/100

 

4 à 8g

 

14/100

16/100

18/100

8 à 14/100

10 à 16/100

10 à 18/100

 

Plus de 8g

 

16/100

18/100

20/100

10 à 16/100

10 à 18/100

10 à 20/100

Le raccord entre corps de ligne et bas de ligne se fait généralement par le nœud « boucle dans boucle », qui est l’un des plus simple et l’un des plus solide.

3)   Les flotteurs  

Le flotteur est l’élément visible, le seul, en action de pêche. C’est lui qui indique au pêcheur la touche. C’est un peu comme si cet élément nous permettait de « voir » ce qui se passe sous l’eau. Il ne faut donc pas le choisir au hasard.  

       a.  Les différentes formes  

Si la pêche s’effectue en eau calme, on pourra utiliser un flotteur très sensible, de forme allongée.

Par contre, si on pratique par temps de vent ou avec du courant un peu plus prononcé, il faudra choisir un flotteur moins sensible, en forme de poire ou de boule, qui permet ainsi une meilleure stabilité.

      b.  Les antennes 

La visibilité de l’antenne est primordiale car c’est grâce à elle que le pêcheur peut suivre l’évolution de la ligne.

On utilisera des antennes classiques, de couleur fluo et de diamètre 0,5 mm, restant visible en permanence.

Ce n’est qu’en cas de pêche dans les rivières à forts courants et remous que l’on utilisera des flotteurs avec des antennes de taille plus importante (2 à 4 mm) en bambou ou en plastique.

Dans des conditions très calmes, les antennes en métal sont les plus appropriées.  

       c. Les quilles  

C’est cette partie du flotteur qui assure la stabilité, comme sur un bateau : plus elle sera longue et lourde, plus le flotteur sera stable.

Pour la pêche des « gros poissons », on utilisera des quilles en fibre de verre déformable pouvant se tordre sous les départs violents des poissons.

Pour les « petits poissons », la quille sera beaucoup plus sensible, en acier de 0,2 à 0,3 mm.  

Le tableau suivant permet de s’y retrouver :  

Choix du flotteur

 

Ablettes - friture

Gardons – Brèmes

Courant nul

Fond < 1m

Fond > 1m

Fond < 2m

Fond > 2m

 

Vent nul à moyen

0,05 à 0,15g

0,10 à 0,25g

0,25 à 0,50g

0,40 à 0,80g

 

Vent moyen à fort

0,10 à 0,25g

0,20 à 0,40g

0,30 à 0,60g

0,40 à 1,50g

Courant lent à moyen

Fond < 1m

Fond > 1m

Fond < 2m

Fond > 2,50m

 

Vent nul à moyen

0,15 à 0,50g

0,20 à 0,60g

0,60 à 1,50g

1 à 3g

 

Vent moyen à fort

0,20 à 0,60g

0,40 à 0,80g

0,80 à 2g

1,50 à 3g

Courant soutenu

Fond < 1,50m

Fond > 1,50m

Fond < 3m

Fond > 3m

 

Vent nul à moyen

0,40 à 0,80g

0,50 à 1,50g

1 à 5 g

2 à 10g et +

 

Vent moyen à fort

0,50 à 1g

0,80 à 1,50g

1,50 à 7g

3 à 15g et +

  4)   La plombée  

Sur la ligne, seront fixés les plombs servent à mettre le flotteur en position verticale afin de bien visualiser les touches.

Le positionnement des plombs sur la ligne est donc très important.

Il existe 3 grands types de plombées différentes, mais elles se font toujours sur le principe de la plombée dégressive : les plombs les plus gros vers le flotteur :

-         les plombées étalées, pour la pêche des poissons en surface et entre deux-eaux ;

-         les plombées semi-étalées, utilisées dans le cas des pêches en rivières à courant lent ;

-         les plombées groupées, pour les pêches de fond ou en rivières à courant rapide.

5)   Le plomb de touche

L’essentiel des plombs est situé sur le corps de ligne afin d’équilibrer le flotteur.

Le plomb de touche quant à lui est situé sur le bas de ligne et sert, comme son nom l’indique, à faire couler le flotteur lorsque le poisson prend l’appât, matérialisant ainsi la touche.

Plus le plomb est proche de l’hameçon (jamais à moins de 6 – 7 cm), plus la perception de la touche est rapide mais plus le poisson risque de le voir.

Plus le plomb de touche est éloigné de l’hameçon, plus le poisson engame facilement l’appât mais plus il faut de temps pour percevoir la touche par l’intermédiaire du flotteur.

Pour simplifier, si les poissons sont « faciles », le plomb de touche sera près de l’hameçon.

Par contre, si les poissons sont beaucoup plus « difficiles », le plomb sera plus éloigné.

La plombée agit sur le comportement de la ligne en action de pêche. En effet, lors de l’aguichage, l’action de relever sa ligne de quelques centimètres, si le plomb est situé proche de l’hameçon, cette action entraîne un mouvement restreint et une remise en place très rapide.

Inversement, si le plomb de touche est situé à une trentaine de centimètres, cette action provoquera un mouvement ample et une redescente lente de l’esche.

6)  Les hameçons  

Le choix de l’hameçon dépend pour beaucoup du choix de l’esche que le pêcheur veut utiliser.

La taille de l’hameçon est inversement proportionnelle à son numéro : ainsi, un hameçon n°24 est tout petit alors qu’un n°16 est beaucoup plus gros.

La taille de l’hameçon doit dépendre également des poissons espérés : un fort de fer convient aux poissons d’assez belle taille.  

Il faut donc trouver le bon rapport entre la résistance et la finesse pour réussir la pêche 

Caractéristiques des Hameçons

Hameçons n°

Caractéristiques

Diamètre de l’empile

Esches

30 à 26

Extra-fins de fer

5 à 7/100

Fouillis, Xfises, vaseux

24 à 20

Fins et extra-fins de fer

6 à 10/100

Vaseux, pinkies, squatts, gozzers, casters

20 à 16

Fins et moyens de fer

8 à 12/100

Asticots, panachés, petites graines

14 à 10

Moyens et forts de fer

12 à 18/100

Vers de terreau, grosses graines, panachés

Il existe plusieurs moyens de monter ses hameçons. Voici quelques schémas : 

7)   Les montages  

Les montages ci-dessous sont des montages types pour la pêche en étang, qui se doit d’être toujours plus fine que la pêche en rivière.  

Poissons recherchés

Diamètre du corps de ligne

Diamètre du bas de ligne

Taille de l’hameçon

Friture, ablette

8/100

6/100

24

Gardon

10/100

8/100

20 – 22

Brème, tanche

12/100

10/100

18

Carpeau

14/100

12/100

14 - 16

En rivière, globalement, on peut constituer des montages un peu plus grossiers tout en pensant à maintenir une bonne sensibilité.

  On peut réaliser des montages avec les indications suivantes, en fonction des poissons recherchés :

Poisson recherché

Diamètre du corps de ligne

Diamètre du bas de ligne

Taille de l’hameçon

Friture, ablette

8/100

6/100

20 à 24

Gardon

10/100

8/100

18 à 22

Brème, tanche

12/100

10/100

16 à 18

Petite carpe

14/100

12/100

14 à 16

 8)   Le sondage et le montage de la ligne

Cette dernière partie de préparation permet de constituer la ligne à partir des éléments présentés jusque là, et de mettre en place son action de pêche.

En effet, c’est par l’action de sonder, de mesurer la profondeur de pêche, que l’on va pouvoir enfin finaliser sa ligne et surtout sa longueur.  

Le sondage se fait toujours à la verticale de la pointe de la canne et permet de régler la profondeur de pêche en fonction du niveau d’eau mais également en fonction des poissons recherchés (ablettes en surface ou brèmes au fond).

Pour une pêche « normale », il faut faire évoluer l’esche au ras du fond, donc la distance entre le flotteur et l’hameçon doit être égale à la hauteur d’eau.

Pour avoir des chances d’attraper des brèmes et les autres poissons fouilleurs, il faut que l’appât soit immobile sur le fond.

A l’inverse, pour les poissons de surface, comme les ablettes, il faut que l’appât soit entre deux eaux et il faut donc réduire la distance flotteur - hameçon.  

Une fois ces « mesures » réalisées, il suffit de réduire la longueur du fil constituant le corps de ligne (entre le scion et le flotteur) en réduisant cette bannière de manière à avoir une longueur de fil correspondant à la distance qui existe entre le bout de la canne maintenue horizontale et la surface de l’eau, donc le niveau du flotteur.  

9)  L’amorce 

C’est une nouvelle fois un des éléments les plus important dans tout ce qui concerne la pratique de la pêche des poissons blancs. En effet, c’est ce qui va permettre au pêcheur d’attirer et de maintenir sur le poste de pêche, les poissons en leur proposant de la nourriture.

Il faudra donc concevoir l’amorce en fonction de :

-         la pêche en étang ou en rivière ;

-         les conditions hydrologiques de la pêche en rivière (l’amorce doit s’adapter à l’importance du courant, de la turbidité de l’eau, etc.) ;

-         des poissons recherchés ;

-         de la période de pêche (liée au type d’alimentation des poissons qui ne mangent pas la même chose en fonction des saisons)

-         de la température de l’eau ;

-         etc.  

Il n’y a pas de recettes miracles et c’est le pêcheur qui, en fonction de tous ces éléments, « fabriquera » son amorce et qui adoptera celle-ci ou l’améliorera en fonction de ces résultats.  

Il y a néanmoins quelques règles à respecter en fonction de ces éléments.

Il faut tout d’abord penser à « construire » son amorce en fonction des poissons recherchés : soit en surface, soit des poissons de fond.

Pour une amorce de surface, il faudra que celle-ci soit légère, fine et très dispersante, constituant un nuage au contact de l’eau. Il faudra effectuer très régulièrement des rappels.

Pour le fond, l’amorce devra être plus lourde, plus collante, souvent plus grossière.

On peut retrouver quelques éléments intéressants dans le tableau suivant pour réaliser son amorce en fonction des poissons et du lieu de pêche :

La constitution même de l’amorce est un aspect qui dépend donc de ce que l’on recherche comme poissons et des conditions dans lesquelles on pratique.

Elle dépend également des « goûts » de chacun, le pêcheur réalisant lui-même ses compositions.

Une fois prête, l’amorce doit être lancée sur le poste de pêche, de manière importante afin d’attirer les poissons le plus rapidement possible et de les « installer » sur le poste.

Il faudra donc effectuer, pour maintenir les poissons, des séances de rappels.  

B.     LA GESTUELLE, L’ACTION DE PÊCHE  

La pêche à l’aide des cannes à emmanchement est une action qui présente une gestuelle particulière.

En effet, contrairement aux autres cannes, la dépose de la ligne pour la mettre en action est plus délicate du fait de la longueur de la canne.

Il faudra donc décomposer la mise en place selon les temps suivants :

-         sortir tous les éléments un par un par le talon et les déposer près de soit, dans l’ordre ;

-         prendre en main les éléments constituants la pointe (2 ou 3 derniers éléments) ;

-         préparer la ligne comme vue précédemment ;

-         reconstituer la canne, élément par élément.

Il ne reste plus au pêcheur qu’à déposer sa ligne sur son poste de pêche en prenant garde à la fragilité de la canne.  

Afin de pratiquer dans des conditions optimales de confort et de patience évidente, il est recommander de posséder un siège de pêche qui permet d’utiliser la cuisse du pêcheur pour aider à tenir la canne en l’appuyant sur toute la longueur de la cuisse. Les mains doivent être disposées, pour les droitiers : la main gauche sous la canne et la main droite, plus en arrière, sur la canne. C’est l’inverse pour les gauchers.  

Lors de la touche, matérialisée par le flotteur, le pêcheur doit effectuer un léger ferrage par la pointe de la canne. Il ne faut pas chercher à soulever en totalité la canne car, et c’est logique, dans ce cas, le fait d’avoir très peu de bannière, provoquerait au mieux l’envol du poisson, au pire la casse systématique sur un poisson de taille correcte.

Le ferrage consiste donc juste à un léger à-coup vertical réalisé à l’aide des deux mains. Ceci permet juste de « piquer » le poisson et de percevoir sa taille.

Dans le cas d’un « petit » poisson, l’objectif est de le ramener rapidement, sans le sortir de l’eau.

Il faudra donc maintenir la canne horizontale avec le fil toujours tendu pour éviter que le poisson ne se décroche. Le pêcheur enlèvera les éléments de la canne en commençant par le talon et en remontant vers le scion. Il peut s’aider de rouleau disposer en arrière pour reposer les éléments « déboîtés ». On fait cela jusqu’au moment où le pêcheur peut atteindre le poisson (tout dépend de la longueur de la bannière).

Dans le cas d’un poisson de taille plus importante, qui montrera une résistance plus forte, il faudra tout d’abord « fatiguer » le poisson avant de manipuler la canne comme pour les petits poissons.

C.   LE MATÉRIEL D'ACCOMPAGNEMENT NÉCESSAIRE  

Pour le confort ou pour l’aspect pratique, le pêcheur aura besoin d’un certain matériel comme :

 

Fédération de la pêche