Vous êtes ici > Accueil  > Les techniques de pêche > La pêche "au Toc"

La pêche "au Toc"

Cette technique de pêche de la truite est une technique appropriée aux zones de prédilection de la truite fario, c’est à dire les zones courantes des rivières.

Elle se caractérise par le fait que le pêcheur va proposer aux poissons une esche adaptée et la faire dériver dans le courant en maintenant le fil de la canne tendu de manière à ressentir la touche du poisson, une sorte de « toc » qu’il va percevoir de manière tactile.

La touche est également visible par présence d’un indicateur de touche et par l’utilisation d’un fil de couleur fluo (rose, blanc…)

 

Cette pêche peut se pratiquer tout le long de l’année mais son utilisation la plus générale se fait en début de saison, alors que les truites sortent de leur période de reproduction et qu’elles profitent des eaux souvent un peu fortes pour s’alimenter de vers tombés dans le cours d’eau.

La période estivale est plus délicate car les eaux sont généralement claires et limpides ce qui accentue la méfiance des truites. Il faut alors utiliser des esches de tailles réduites et d’époques (mouche naturelle, sauterelle, …)

 

La pêche au toc s’utilise également en fin de saison, juste avant la fermeture, période à laquelle les truites ont besoin d’apport de nourriture conséquent pour passer la « mauvaise » saison correspondant aussi à celle de la reproduction.

 

Cette technique est relativement appréciée car c’est une pêche itinérante, le pêcheur se déplaçant le long du cours d’eau afin de dénicher le poisson, associant technicité, finesse et discrétion.

LE MATÉRIEL

A.   les différentes cannes

On peut utiliser différentes cannes à pêche pour cette technique, cannes dépendant de l’encombrement du cours d’eau, de l’approche du pêcheur (habitude, confort) :

1. La canne télescopique ou télé-réglable.

C’est la canne la plus utilisée pour pêcher à la truite sur notre département car utilisée pour la pêche à la ligne flottante (avec bouchon), permettant, grâce à  son moulinet, d’aller chercher les poissons loin de la canne.

Sa longueur varie de 3,5 à 7 m. Elle présente l’avantage de pouvoir adapter sa longueur en fonction de l’encombrement du cours d’eau tout comme en fonction de l’importance de ce dernier.

 Pour le toc, elle est relativement peu employée car elle possède un nombre réduit d’anneaux ce qui, quand il pleut, empêche le fil de bien glisser.

Son action est relativement raide et il faut faire attention lors du ferrage si on ne veut pas casser trop souvent.

2.La canne dite « à l’anglaise »

C’est le type de canne qui sera utilisé pendant les séances de formation.

C’est une canne à éléments, 3 ou 4, dont la longueur varie de 3,5 à 4,5m. Celles que nous conseillons en cours d'eau de taille modeste font 3,9m.

Elle présente une grande quantité d’anneaux (en moyenne 13), permettant une très bonne glisse du fil, même en temps de pluie.

Son action est plutôt souple (action parabolique ou semi-parabolique) permettant de maîtriser de gros poissons.

3.Les cannes à fil intérieur

C’est une canne quasi-semblable à la précédente mais sans anneaux puisque le fil passe à l’intérieur de la canne.

Elle est à utiliser pour des pêcheurs confirmés, pratiquant dans des zones particulièrement encombrées de végétation.

Le fil passe dans des anneaux intérieurs appelés « entretoises » dont le nombre est très important.

Il peut exister plusieurs types de moulinets utilisables pour cette pêche : moulinet à tambour fixe (de type lancer léger), moulinet capoté (rares et peu utilisés) et des moulinets spécifiques au « toc ».

B. Les moulinets

1. Le moulinet à tambour fixe

 

C’est le moulinet utilisé le plus généralement car il permet de pêcher partout, aussi bien loin que près du bord.

Par contre, en zones encombrées, il peut devenir peu pratique avec son pick-up et sa longue manivelle qui peuvent retenir le fil lors du lancer. 

Il faut choisir des moulinets de petite taille pour l’équilibre de la canne (série 1000, etc.)

2. Le moulinet « spécial toc »  

Ce moulinet de taille plus réduite, présente un encombrement limité ce qui le rend particulièrement adapté à cette technique.

Son seul problème est sa difficulté d’utilisation en grande rivière ou lorsque l’on veut pêcher un peu loin.

C.   Le petit matériel : préparation de la ligne

En plus de la canne et du moulinet, la pêche au toc nécessite l’utilisation de petit matériel.

L’action de pêche et la visualisation de la touche étant basée sur des sensations tactiles et visibles, il faut utiliser un fil nylon de couleur, en général fluorescent, (rose, blanc), qui permettra une bonne visibilité de la dérive.

Le diamètre du fil sera compris entre 12 et 16 centièmes, permettant ainsi une bonne glisse du fil dans les anneaux.

Autre particularité, l’indicateur de touche, une petite bille permettant également de suivre le fil au cours de la dérive et de voir la touche. Autre intérêt, ils permettent également d’estimer la profondeur de pêche.

Les indicateurs les plus utilisés sont de la marque Rigoletto, mais il en existe chez d’autres marques.

On utilise ensuite un micro émerillon afin de réduire les vrilles au niveau du bas de ligne et pour faire le lien entre ce dernier et le corps de ligne.

Le bas de ligne sera composé d’un fil de bonne qualité, translucide, sur lequel on installera la plombée et l’hameçon. Son diamètre sera en général de 10 à 14 centièmes.

La plombée est très importante car c’est elle qui détermine la manière avec laquelle dérivera l’esche en action de pêche.

Elle est composée de plombs mous sphériques (cendrées) de différents diamètres, allant du n°10 au n°3 en général.

Pour les plombs, plus le n°est petit, plus le diamètre et le poids de ce dernier est important.

Il conviendra d’utiliser une pince à plombs pour ne pas serrer ces derniers avec les dents et surtout, la pince permet de changer rapidement la plombée en cours de pêche.

Enfin, les hameçons utilisés seront eux aussi de bonne qualité, avec un piquant irréprochable, de taille adaptée à l’esche utilisée, en général des n°10 à 14.

Il conviendra également d’avoir une paire de petits ciseaux pour couper le fil.

Pour le confort de pêche, on peut prévoir, une épuisette de style « raquette », une petite boite pour mettre tous les petits éléments nécessaires dans le gilet de pêche, être muni d’un dégorgeoir pour ne pas blesser le poisson, et enfin, en fonction du cours d’eau, des cuissardes ou des waders.

D.   La plombée

 La plombée est la partie la plus importante de cette technique de pêche. En effet c’est elle qui détermine la dérive dans la masse d’eau et donc la présentation de l’esche au poisson.

L’objectif est de « jouer » avec le courant afin de présenter l’esche avant les plombs. C’est donc en fonction de la hauteur d’eau et de la force du courant, qu’il faudra choisir sa plombée.

Comme il faut présenter l’appât en premier, il faudra installer les plombs les plus petits (donc à plus gros n°) les plus proche de l’hameçon. 

On commence à une distance de 8 à 12 cm de l’hameçon par mettre un plomb n°8, plus en remontant, et en rapprochant petit à petit les autres plombs, un plomb n°7, puis n°6, un n°5, un n°4 et enfin, un autre n°4 ou n°3.

Cette plombée, avec un autre n°4 ou un n°3 est un peut « passe partout ».

Il faudra par contre toujours penser que plus la saison avance, plus l’appât sera petit et léger, et par conséquent, plus la plombée devra être étalée et légère.

E. L’hameçon et son montage

Un pêcheur au toc aura deux possibilités : soit utiliser des bas de ligne avec des hameçons déjà montés, soit réaliser ses montages lui-même.

La première solution, celle de la facilité, induit que le pêcheur ne choisisse pas ses hameçons, leur piquant, souvent de piètre qualité, ni le bas de ligne, lui aussi pouvant laisser à désirer.

De plus, en réalisant soit-même ses montages, quelle joie supplémentaire lorsque l’on arrive à extraire un beau poisson…

Il convient donc de prendre un hameçon de bonne qualité avec un très bon piquant.

Leur taille sera en général du n°10 à 18 !!

Tout cela dépend de l’esche utilisée. Le tableau ci-dessous récapitule tout cela.

Ver de terre

Teigne

Ver de farine

Mouche naturelle

Sauterelle

Larves aquatiques

Asticot

N° de l’hameçon

10

12 à 14

12 à 14

14 à 16

14 à 16

14 à 18

16 à 18

Une fois déterminé la taille de l’hameçon, il faut l’installé sur le bas de ligne.

Pour cela 2 types de montage sont utilisés :  

1. Le montage classique

C’est le montage que la plupart des pêcheurs utilisent pour sa facilité. Il convient également à toute les technique de pêche.

On place l’extrémité A sur la tige de l’hameçon et on forme une boucle vers la hampe avec l’extrémité B.

On effectue 4 à 5 tours autour de la tige en remontant vers la palette.

On fait passer l’extrémité B dans la boucle initiale.

On tire à fond sur A et B, en humectant le fil pour ne pas l’abîmer.

2. Le montage pyrénéen

Ce montage a été inventé et est employé dans les cours d’eau des Pyrénées.

Son avantage est de bloquer l’appât avec l’extrémité du fil, l’empêchant ainsi de redescendre sur la tige de l’hameçon.

On coupe un morceau de nylon de 50 cm, qui constituera notre bas de ligne.

On place l’extrémité A le long de la tige de l’hameçon en laissant dépasser de 4 à 5 cm.

On y juxtapose l’extrémité B.

Avec B, on fait 4 à 5 tours autour de la tige en remontant vers la palette.

On tire à fond sur A puis sur B en humectant.

Le fil B est vers le haut, on coupe en laissant 2 à 3 mm.

DÉRIVE, TOUCHE ET PROSPECTION DES POSTES

A. La dérive

La dérive est une des deux choses les plus importantes pour la pêche au toc avec la plombée.

En effet, c’est elle qui va donc présentée l’esche au poisson, qui ne le prendra que si son parcours est proche d’une descente naturelle.

C’est donc le courant qui doit porter la plombée et présenter l’appât en premier au poisson.

Mais pour une efficacité accrue, on retiendra légèrement cette dérive.

Autre aspect particulièrement important, c’est de toujours maintenir le fil tendu pour bien sentir la touche et conduire légèrement la dérive.

B. La touche

La touche dans cette technique de pêche peut se ressentir de deux manières :

-         tactile

-         visuelle.

La première manière de percevoir une touche est de ressentir cette dernière, puisque le pêcheur tient tendu en permanence son fil lors de la dérive.

Lorsque le poisson prend l’esche, la dérive s’arrête de manière brutale et oque une résonance dans le fil que le pêcheur perçoit comme un « toc », d’où le nom de la technique.

La touche peut également se voir par le fil fluo et/ou par l’indicateur de touche (rigoletto) qui vont alors avoir un comportement inhabituel : arrêt net, départ sur le côté, remonte le courant, etc.

C. La prospection des postes

Les poissons peuvent occuper différents postes dans la rivière en fonction de plusieurs éléments : température de l’eau, importance du flux, présence d’autres poissons, âge de l’individu, période dans l’année, etc.

Ainsi, on peut retrouver des individus aux postes suivants sur cet exemple :

La première des choses à faire en arrivant sur un secteur de pêche est donc d’observer les différents postes susceptibles d’être occupés par un poisson en activité.

Pour cela il faudra réaliser une approche discrète et procéder avec méthode en commençant par le poste le plus proche et prospecter de plus en plus loin.

Si l’action de pêche s’effectue en petite et moyenne rivière, comme se sera le cas la majorité du temps, l’action de pêche s’effectue en remontant le courant.

En grande rivière, comme la Dordogne en Corrèze, il faudra au contraire prospecter en descendant le courant.

LES ESCHES UTILISÉES

La pêche au toc se pratique avec toutes les esches, tous les appâts que l’on peut utiliser pour la pêche de la truite : ver de terre, ver de terreau, teigne, asticot, larve d’insecte aquatique, insecte terrestre , …

En vue de l’efficacité sur nos cours d’eau et la taille des hameçons utilisés, l’appât passe partout est incontestablement le ver de terreau.

Fédération de la pêche